Pour les références d'un CV en Suisse, les sources officielles ne donnent pas une consigne unique : un guide vaudois cite l'ancien employeur comme exemple de personne de référence, une brochure plus ancienne du même canton rapporte que des spécialistes RH invitent à ne pas les indiquer dans le dossier. Notre conseil : préparer deux ou trois personnes, les prévenir, et ne les communiquer qu'au bon moment.
Faut-il indiquer des références sur un CV en Suisse ?
Les sources consultées ne donnent pas de réponse unique. Deux publications de l'Office cantonal d'orientation scolaire et professionnelle (OCOSP) vaudois illustrent cette nuance.
- Le guide pour adultes de 2023 donne comme exemple de référence « Un ancien employeur, par exemple. » et demande : « Prévenez la personne concernée de votre démarche. »
- La brochure « Les bons plans » (réédition 2019) écrit que « les spécialistes en ressources humaines invitent à ne pas indiquer de références dans le dossier de postulation ». Elle conseille pourtant de préparer « une liste de deux ou trois personnes susceptibles de parler positivement de vous ». À un autre endroit, elle précise que les références ne sont pas à mentionner sur le CV et qu'elles sont communiquées ultérieurement.
Ces textes ne disent pas exactement la même chose : il s'agit d'un usage, pas d'une règle. Notre lecture : ne pas imposer les références dans le dossier, mais avoir une liste prête pour la suite.
Notre conseil : si l'annonce demande des références, suivez l'annonce. Sinon, gardez la place de votre CV pour vos réalisations et tenez la liste à part. Pour le reste du CV, voyez notre page sur le CV suisse et un exemple de CV suisse.
Que veut dire « références sur demande » ?
La brochure « Les bons plans » indique que, sur le CV, vous mentionnerez « éventuellement » la formule « Références sur demande ». Le mot « éventuellement » compte : ce n'est ni une obligation ni une recommandation unanime dans les sources que nous avons consultées.
Notre avis : cette ligne n'apporte pas d'information, elle annonce seulement que vous avez une liste. Si l'espace manque, vous pouvez vous en passer. Si vous la gardez, assurez-vous que la liste existe vraiment, avec des personnes prévenues.
Qui choisir comme référence ?
Le guide vaudois pour adultes cite un ancien employeur. Du côté des employeurs, un article de WEKA conseille de s'adresser aux personnes convenues avec le candidat, idéalement d'anciens supérieurs directs. Une avocate spécialisée en droit du travail, dans un autre article de WEKA, écrit que seules les personnes ayant connu le travailleur ou disposant des documents officiels peuvent répondre.
Nous en tirons une méthode :
- Choisissez des personnes qui ont réellement vu votre travail, de préférence un ancien supérieur direct.
- Visez deux ou trois noms, comme le suggère la brochure vaudoise.
- Variez si possible les périodes, pour que chaque personne puisse parler d'un poste précis de votre CV.
Pour une personne en reconversion ou en début de parcours, les sources consultées ne détaillent pas d'autres profils de répondants (collègue, enseignant, maître d'apprentissage). C'est une question à poser à votre conseiller ou à votre conseillère en orientation.
Faut-il demander l'accord avant de citer quelqu'un ?
Deux démarches sont à distinguer.
Prévenir la personne que vous citez. Le guide vaudois demande de la prévenir de votre démarche. Nous recommandons d'aller plus loin : lui envoyer le poste visé et votre CV à jour, pour qu'elle réponde de manière cohérente avec votre candidature.
Votre propre accord, comme candidat. Le Portail PME du SECO, qui s'adresse aux employeurs, indique qu'« il n'est pas autorisé de se renseigner sur une personne sans son accord préalable » et conseille de demander au candidat s'il peut contacter ses anciens employeurs, notamment ceux qu'il a mentionnés comme références. Selon un article de WEKA, la demande de références ne peut être effectuée qu'avec l'accord du candidat, même si l'employeur et la personne de référence se connaissent.
Les sources divergent sur la forme de cet accord. Selon une avocate, le consentement écrit est obligatoire, il ne peut pas être présumé et le travailleur peut le retirer à tout moment. Un autre article WEKA admet un accord donné par téléphone, par écrit, ou par une autorisation générale remise au départ de l'entreprise. Nous ne tranchons pas : retenez qu'un accord est attendu et, par prudence, donnez-le par écrit, par exemple dans un courriel.
La même avocate précise que présenter un certificat de travail ne vaut pas accord. Sur ce document, voyez le certificat de travail en Suisse.
Que peut demander l'employeur, et que peut dire l'ancien employeur ?
Le Portail PME recommande aux employeurs de poser des questions ciblées sur le travail, la prestation et le comportement. Les limites viennent de la protection de la personnalité :
- Selon l'art. 328b CO, tel que repris par une directive du SECO, l'employeur ne peut traiter des données sur le travailleur que dans la mesure où elles portent sur ses aptitudes à remplir son emploi ou sont nécessaires à l'exécution du contrat. Le SECO ajoute qu'on ne peut y déroger au détriment du travailleur, même avec son consentement. La directive date de 2008 et visait le placement privé : nous ne la citons que pour cette règle.
- L'Inspection du travail de Lausanne indique que le dossier de candidature est confidentiel, consultable par les seules personnes habilitées, et que l'employeur doit s'enquérir « uniquement des éléments utiles » pour juger l'adéquation au poste.
- L'article WEKA de Thomas Wachter exclut des renseignements toute information privée, confidentielle ou relative à la santé.
- Selon l'avocate citée plus haut, le contenu des références ne doit pas dépasser les informations du certificat de travail. C'est la position d'une autrice, pas une règle établie par les autres sources.
Côté ancien employeur, la même juriste soutient qu'il est tenu de fournir des références au titre de son devoir d'assistance post-contractuel, et qu'un refus sans motif peut nuire au candidat. Il s'agit d'une opinion de spécialiste, à ne pas lire comme une règle certaine. La Ville de Lausanne indique par ailleurs qu'un ancien employeur qui donne des informations erronées, nuisant à la réputation de l'employé et dissuadant un nouvel employeur de l'engager, viole l'art. 328 CO. Si cela vous arrive, rassemblez les éléments et demandez conseil à un service juridique ou à un syndicat.
Et mon employeur actuel ?
WEKA qualifie de « délicate » la prise de références auprès de l'employeur actuel. Les mêmes règles d'accord s'appliquent, et l'article recommande que le candidat obtienne lui-même l'accord de son supérieur actuel. Notre conseil : n'indiquez votre employeur actuel que si vous êtes à l'aise avec cette démarche, et dites clairement à l'employeur potentiel s'il peut ou non le contacter.
Modèle de présentation d'une référence
À tenir sur une page séparée du CV, prête à être envoyée quand on vous la demande. Exemple fictif :
Références de Sophie Martin (exemple fictif) Claire Dubois, responsable administrative, Entreprise Exemple SA (fictive) Ancienne supérieure directe, de 2019 à 2022 (poste d'assistante administrative) Téléphone et courriel professionnels : à compléter Accord de contact donné le : à compléter
Les champs à compléter doivent être remplis avec les coordonnées que la personne vous a elle-même autorisé à transmettre.
Liste de contrôle avant de donner un nom
- La personne a vu mon travail de près, sur un poste figurant dans mon CV.
- Je l'ai prévenue et elle est d'accord de répondre.
- Je lui ai envoyé l'annonce et mon CV à jour.
- J'ai donné mon propre accord à l'employeur pour qu'il la contacte, de préférence par écrit.
- Ses coordonnées sont exactes et elle a dit comment elle préfère être jointe.
- Je ne l'indique pas dans mon CV si l'annonce ne le demande pas : je la garde sur une liste séparée.
- Je sais que ce qu'elle dira doit rester dans le cadre du travail effectué.
- J'ai noté à quelle entreprise j'ai transmis quels noms, par exemple dans mon suivi de candidatures.
Les références s'inscrivent ensuite dans un ensemble : lisez aussi notre page sur le dossier de candidature suisse. Si vous postulez depuis la France, la page CV frontalier complète ce point.
L'essentiel à retenir
Les sources officielles consultées divergent sur l'indication des références dans le dossier : l'usage varie. La méthode que nous recommandons tient en trois gestes : préparer deux ou trois personnes qui connaissent votre travail, les prévenir, puis ne les communiquer qu'au moment où l'employeur les demande, avec votre accord. Votre CV, lui, doit montrer vos réalisations.